France : Après Irma et Maria, l'Assemblée crée une mission d'information sur les événements climatiques majeurs

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Après les ouragans qui ont frappé les Antilles, une mission d'information de l'Assemblée nationale va plancher sur "la gestion des événements climatiques majeurs dans les zones littorales de l'Hexagone et des Outre-mer". Proposée par le président de l'Assemblée François de Rugy (LREM, ex-écologiste) et entérinée en conférence des présidents hier, la création de cette mission intervient après les deux ouragans d'une rare intensité ayant frappé les Antilles en septembre, causant des dégâts considérables.
 
"La multiplication des événements climatiques extrêmes justifie que l'Assemblée nationale s'empare de la question", a-t-on souligné à la présidence de l'Assemblée. La mission sera composée de 29 membres, dont 16 LREM, 5 LR, 2 MoDem, 2 Constructifs, 2 Nouvelle Gauche, 1 France Insoumise, 1 communiste.
 
Après une polémique sur la gestion par le gouvernement de l'ouragan Irma et le souhait de députés de tous bords d'une commission d'enquête, Emmanuel Macron s'était déclaré "favorable" le 12 septembre à une commission d'enquête parlementaire pour juger l'action du gouvernement, "mais au bon moment".
 
Le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon avait proposé deux jours plus tôt une commission d'enquête parlementaire "pour savoir si l'on a prépositionné des forces militaires et civiles en nombre suffisant". Le député LR Eric Ciotti avait fait une proposition similaire, reprochant un "défaut d'anticipation" et "une défaillance de l'Etat". La France Insoumise (LFI) a déposé le 26 octobre une proposition de résolution pour créer une commission d'enquête sur "l'action des pouvoirs publics face à l'ouragan Irma". Si quelques LR ont fait une initiative en ce sens, leur groupe a utilisé son "droit de tirage" pour une commission d'enquête sur la politique industrielle.
 
L'élu FN Sébastien Chenu, qui avait dénoncé "les scènes de violences et de pillages" après Irma, a aussi déposé une demande de commission d'enquête, vouée à l'échec car le FN n'a pas de groupe. S'il avait jugé qu'"il vaudrait mieux éviter de polémiquer immédiatement sur ces catastrophes", le président de l'Assemblée nationale avait déclaré à cette période qu'il trouverait "tout à fait normal" qu'une commission d'enquête parlementaire soit demandée, si un groupe la demandait.
 
François de Rugy avait souhaité que soient abordées les questions des "causes" de la catastrophe naturelle, des "alertes (...) bien données", selon lui, et de "l'anticipation pour tout ce qui touche aux secours et à la protection des personnes".