Journée parlementaire sur les droits socio-économiques de la femme: « Il faut donner à la gent féminine toutes ses chances »

Portrait de AGORA moderator

Le siège de l’Assemblée Populaire Nationale (APN) a abrité, hier, une journée parlementaire sur les droits socio-économiques de la femme. Cette rencontre rehaussée par la présence du président de l’APN, le Dr Larbi Ould Khelifa, et de plusieurs membres du gouvernement a vu la participation d’un nombre importants de femmes parlementaires.

Le président de l’APN, M. Larbi Ould Khelifa, et après avoir salué, lors d’une allocution inaugurale, l’ensemble des efforts consentis pour la promotion des droits de la femme a mis en exergue que «ces efforts trouvent, en fait, leur essence dans le combat de l’Algérienne durant et après la guerre de Libération nationale ».

Pour sa part, le Dr Ahmed Kharchi, président de la commission des affaires juridiques et administratives et des libertés de l’APN, a relevé que «l’APN compte pas moins de 146 femmes députées ; ce qui leur permet d’occuper la 31e place dans le classement des Parlements dans le monde et la 1re place dans le classement des parlements arabes ».
Dans une intervention, le Pr Souad Bendjaballah, ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, a tenu elle, à mettre en relief tous les efforts consentis pour la promotion des droits de la femme dans la vie politique ; des efforts qui permettent aux femmes de constituer «une force de proposition pour la protection et la préservation de leurs droits ».
Revenant, ensuite, sur la conférence nationale sur la femme travailleuse et le dialogue social, le Pr Souad Bendjaballah a rappelé que les travaux de cette rencontre ont été couronnés, jeudi dernier,  par l’adoption d’un projet de charte de la femme travailleuse, laquelle charte  vise à «consolider le rôle de la femme», dans le domaine professionnel et encourager sa contribution au processus de  développement.    
Il convient de signaler, dans ce contexte, que cette charte prévoit à travers ses articles, de «consacrer un quota minimal  de 30%» d’emplois aux femmes dans tous les domaines en tenant compte des diplômes,  compétences et expériences. Selon l’article 7 du projet de charte «les employeurs publics et privés s’engageraient à respecter le quota proposé» et en «contrepartie, des mesures  incitatives fiscales, parafiscales et bancaires seront accordées aux entreprises publiques et privées ».

Composée d’une vingtaine d’articles, cette charte souligne la nécessité de consacrer aux femmes un quota de 30 % des postes de responsabilité à tous les échelons de la hiérarchie syndicale tout en réservant un quota de 30 % au minimum des postes supérieurs ouverts au sein des établissements publics, administratifs et à caractère économique.        

« Les droits socio-économiques et culturels sont indissociables des droits politiques ».

Pour la ministre de la Solidarité nationale, de la famille et de la condition de la femme, «les droits socio-économiques et culturels sont indissociables des droits politiques. Et la pérennisation de ces droits se concrétise sur le terrain, dans le cadre d’institutions fortes et dans le cadre de la sécurité et de la stabilité du pays».
Aussi, Mme Bendjaballah insistera sur cet impératif sécuritaire et de la stabilité pour permettre aux femmes de jouir de leurs droits. «La préservation des droits de la femme n’est, en fait, possible que dans un pays stable et sécurisé», a notamment déclaré la ministre, en marge des travaux de cette journée parlementaire.
Mme Salima Athmani, vice-présidente de l’APN, a noté que les femmes travailleuses représentent un taux de 15,1%. Cependant, soutient-elle, «il s’agit de chiffres qui ne reflètent pas le taux réel», selon elle, beaucoup plus important.
Poursuivant ses propos, elle citera, dans ce contexte, l’exemple des familles productrices, non déclarées, exerçant, notamment, dans les secteurs de l’artisanat et de celui des femmes spécialisées dans l’entreprenariat. Elle proposera, à cet effet, «des mécanismes et facilitations incitant la femme active à déclarer son activité».
Mme Ourida Larfi Kessal, vice présidente de l’APN, a plaidé, pour sa part, pour «la révision du code de la famille», estimant «qu’il y a des choses  à revoir parce qu’il faut suivre l’émancipation de la femme algérienne». Et d’ajouter : «Il faut donner à la femme toutes ses chances, dans le système de gouvernance du pays, y compris».
S’exprimant, par ailleurs, sur le plan social, Mme Larfi Kessal a salué le contenu du programme du Chef de l’Etat, durant ces dernières 15 années ; un programme qui a grandement contribué à l’amélioration  des conditions de la famille, rurale notamment. « Quand on constate que le gaz, que les routes, que l’électricité et que l’eau arrivent jusqu’aux régions les plus éloignées de nos villages, l’on ne peut que se féliciter de cette réalité qui  permet à la femme de gérer son temps pour se consacrer à des questions bénéfiques au pays, voire même, créer son entreprise ; lui permettant de participer, au-delà de la prise en charge de sa femme, dans la vie active et de donner davantage à l’Algérie».
Evoquant la situation générale de la femme algérienne, qui s’est distinguée dans différents domaines d’activités, Mme Larfi Kessal a, à la faveur de cette rencontre, lancé un appel à ceux qui sont contre l’émancipation de la femme : «Il est temps de changer quelques mentalités à l’égard des femmes», a-t-elle préconisé.
En somme, cette journée a été marquée par des communications aussi nombreuses qu’intéressantes, portant, en particulier, sur les droits sociaux-économiques de la femme.
Soraya Guemmouri

source
http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/55444

étiquette: