Sénégal: "Les principes de l’Itie vont aider à lutter contre la corruption"

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Ibrahima Sory Diallo, président de la coalition « Publiez ce que vous payez » : « Les principes de l’Itie vont aider à lutter contre la corruption »

Ibrahima Sory Diallo, Secrétaire exécutif de l’Ong « la Lumière » et président de la coalition «Publiez ce que vous payez/section Sénégal», salue la démarche du gouvernement sénégalais pour mettre en place un meilleur mécanisme d’exploitation des ressources minérales. Il soutient que le Code minier en chantier a pris des dispositions importantes par rapport au suivi et à l’évaluation des actions de ces sociétés. C’était en marge de la journée de restitution du rapport d'activités de cette organisation de la société civile.

Est-il possible d’intégrer l’orpaillage traditionnel à la norme Itie, car depuis octobre 2013, le Sénégal a été admis comme pays candidat à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) ?
L’orpaillage traditionnel est certes toléré, mais pas encore légiféré ; alors que l’Itie (un exercice comptable) travaille sur des normes. Il est très difficile, avec le système actuel de l’orpaillage, de l’intégrer aux normes de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives. Avec le Code minier en chantier, il y a des dispositions relatives à l’orpaillage, si elles sont bien appliquées, il sera possible que l’Itie le prenne en charge.
Que doit faire le Sénégal pour attirer davantage des investisseurs dans le domaine minier ? 
Le Code minier de 2003 a été révisé en 2008 et avait fixé comme préambule, l’intention d’attirer les investisseurs. Il y a énormément d’entreprises qui ont frappé à la porte du Sénégal. Tout cela est dû à l’attractivité du Code minier. L’autre aspect, c’est que l’exploitation tient compte de l’intérêt national. C’est tout le sens qui sera  donné au nouveau Code. Sur ce point, nous devons féliciter les autorités. Ce Code insiste sur des questions d’intérêt national qui ont pour nom : respect des droits humains, la protection de l’environnement, la transparence. Nous pensons que ce sont des  aspects essentiels.

Les récentes découvertes de gaz et de pétrole dans les eaux sénégalaises doivent aiguiser des appétits. Que préconisez-vous pour éviter tout conflit ? 
Nous devons nous réjouir de ces découvertes qui sont extrêmement importantes. Le Sénégal a fait de l’exploitation de ses matières naturelles minières un pilier essentiel dans le Programme Sénégal émergent (Pse). Tout dépendra des conditions d’exploitation. Il faudrait que celles-ci tiennent compte des réalités nationales en termes d’intérêt. Si le pari des conditions d’exploitation est réglé, ce sera bénéfique pour le pays.

Le milieu des mines est connu pour être conflictuel. Est-ce à dire, pour autant, il est corruptogène ?
Oui ! L’expérience des autres pays l’a démontré. Dès que l’exploitation commence, il n’y a plus la paix. Mais au Sénégal, nous avons eu la possibilité d’anticiper sur certains évènements. La société civile s’est beaucoup inspirée des réalités des autres pays. Le gouvernement du Sénégal fait du ‘’benchmarking’’ dans les autres pays pour un meilleur mécanisme des exploitations de nos ressources. Je salue l’esprit d’ouverture du gouvernement du Sénégal et la création des corps de contrôle comme l’Ofnac. Le Code minier en chantier a pris des dispositions importantes par rapport au suivi et à l’évaluation des actions de ces sociétés. Le Sénégal essaye d’appliquer les principes de l’Itie et cela va aider à lutter sur tout ce qui a trait à la corruption.

Que renferme la coalition «Publiez ce que vous payez (Pcqvp)/section Sénégal?
La coalition «Publiez ce que vous payez »/section Sénégal a été acceptée par le comité de pilotage mondial de « Publiez ce que vous payez » en tant que coalition en avril 2015. Elle est formée de 18 Ong et associations impliquées dans la gouvernance des industries extractives, étudiant tous les aspects de la chaîne de valeur, de la transparence des contrats, des droits de l’homme, au développement local.

Propos recueillis par Serigne Mansour Sy CISSE

source: http://www.lesoleil.sn/2016-03-22-23-21-32/item/51585-ibrahima-sory-dial...