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Un vent de changement commence à souffler sur la Côte d’Ivoire

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Le gouvernement vise à réduire sa dépendance au cacao et au café en développant les secteurs pétrolier, gazier et minier.

La Côte d’Ivoire, l’un des plus grands producteurs et exportateurs de cacao, de café et d’huile de palme au monde, veut développer son secteur minier afin de limiter sa dépendance à l’agriculture. Adama Toungara, ministre du Pétrole et de l’Énergie du pays, a déclaré en 2013 que son gouvernement avait pour objectif d’intensifier l’exploration et d’augmenter sa production de pétrole, de gaz et d’électricité, ainsi que d’améliorer le transport et la distribution de produits pétroliers aux collectivités locales. Selon le rapport ITIE 2013, les secteurs pétrolier, gazier et minier ont rapporté 611 millions de dollars US à l’économie pendant l'année 2013. Ce montant représentait moins de 9 % du PIB du pays et moins de 1 % de l’emploi total.

Amélioration de l’accès aux produits pétroliers dans les régions rurales

La Côte d’Ivoire produit d’importantes quantités de gaz naturel liquéfié (GNL), qui sont principalement utilisées pour la consommation nationale dans le cadre de la génération d’électricité et de gaz de cuisine. Le butane est aussi couramment utilisé en tant que combustible pour briquet dans les cuisines de Côte d’Ivoire. Dans le but d’améliorer la distribution des hydrocarbures partout dans le pays, le Président de la République, S.E. Alassane Ouattara, a décidé de standardiser le prix du gaz de butane au niveau national. Cette démarche vise à combler les vastes écarts de prix du butane dans les régions du nord, du centre et de l’est du pays, qui étaient parfois deux à trois fois supérieurs aux prix pratiqués à Abidjan. En conséquence, la consommation de butane en 2013 est passée à 178 000 tonnes, ce qui représente une hausse de 15 % par rapport à 2012.

La Côte d’Ivoire fonde de grands espoirs sur la production minière

Bien que la contribution du secteur minier au budget ait chuté de 9 %, passant de 45 millions de dollars US en 2012 à 41 millions de dollars US en 2013, la production aurifère a augmenté de près de 15 % en 2013, atteignant 11,5 tonnes. La levée de l’embargo des Nations Unies sur les exportations de diamants de la Côte d’Ivoire en avril 2014 pourrait formaliser davantage le secteur de l’exploitation artisanale de diamants.

Exportations de pétrole, de gaz et d’or

Les exportations d’or constituent une source de revenus majeure pour la Côte d’Ivoire. En 2013, le gouvernement a exporté 15 000 kg d’or, estimés à 472 millions de dollars US. Le dernier Rapport ITIE présente un rapprochement entre les montants des exportations divulgués par les entreprises et ceux que le gouvernement a déclarés.

Les exportations de pétrole et de gaz contribuent déjà considérablement à l’économie. En 2013, le gouvernement a annoncé que les exportations de pétrole et de gaz, dont 7,8 millions de barils de pétrole, avaient rapporté 728 millions de dollars US. Toutefois, la contribution du secteur pétrolier au budget a chuté de 32 %, passant de 542 millions de dollars US en 2012 à seulement 368 millions de dollars US en 2013. La chute des recettes dans le secteur des hydrocarbures s’explique en partie par la baisse de 15 % qu’a connu la production pétrolière, qui est passée de 10,8 millions de barils en 2012 à 9,1 millions de barils en 2013. Toutefois, la production de gaz a enregistré une hausse de 63 à 75 millions de BTU au cours de la même période.

Appels à l’amélioration du registre minier

Le Rapport ITIE 2013 a présenté une description détaillée du registre des licences d’exploitation minière, qui comprend les numéros de permis, les provinces et les régions qu’ils couvrent, leur superficie, leur date d’octroi et leur date d’expiration. Cependant, le rapport indique que le registre minier pourrait être plus complet si l’on y intégrait des déclarations cohérentes sur les sites miniers et sur la date de réception des demandes de permis. Ceci permettrait en effet d’éviter des doublons dans l’octroi de licences d’exploitation minière, et le gouvernement serait en mesure d’assurer un suivi plus efficace du secteur.

Nécessité de renforcer la transparence dans les entreprises d’État

Le Rapport ITIE 2013 tente d’identifier les personnes physiques détenant plus de 25 % de la propriété des entreprises qui ont acquis les droits d’extraction de ressources pétrolières, gazières et minières. Trois entreprises étaient des sociétés d’État, à savoir PETROCI (hydrocarbures), AFREN (hydrocarbures) et SODEMI (minerais). Le Rapport ITIE présentait également une liste des actionnaires de neuf entreprises et des personnes physiques propriétaires de deux entreprises, à savoir CNR International (pétrole et gaz) et YAOURE Mining SA. À l’instar de l’ensemble des pays mettant en œuvre l’ITIE, la Côte d’Ivoire doit intégrer, au plus tard en janvier 2020, les informations sur la propriété réelle dans ses déclarations ITIE.

Toutefois, davantage de travail est nécessaire en matière de déclarations des sociétés d’État. Le rapport indique que les comptes financiers des sociétés d’État PETROCI et SODEMI ne sont pas régulièrement publiés. Il a été recommandé que ces informations, ainsi que les données statistiques des entreprises montrant la part de production de l’État, les activités de marketing et les transferts des recettes de l’État soient publiées en ligne dans un format facilement accessible. Le Groupe multipartite local continue de mener un suivi auprès de ces instances afin qu’il soit possible de publier ces informations dans les prochains Rapports ITIE.

Source: https://eiti.org/fr/node/7129