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Sept mesures pour renforcer la résilience des populations de Malanville et Karimama aux changements climatiques

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La sécheresse et les inondations soudaines et récurrentes subies chaque année durant les mois d’août et de septembre par les communes de Malanville et de Karimama avec comme conséquences  la perte des récoltes, du bétail, des habitations, la prolifération des maladies hydriques et la destruction des infrastructures sociocommunautaires de développement etc. appellent à une réponse intégrée et durable.

C’est pour accroitre la résilience des populations aux chocs climatiques et leur offrir de nouvelles opportunités, que le Programme intégré d’adaptation aux changements climatiques par le développement de l’agriculture, du transport fluvial et du tourisme, dans la vallée du Niger au Bénin (PIACC-DAT) a été initié en 2014 avec l’appui du PNUD. Pour la soumission du programme pour financement auprès du Fonds Vert pour le Climat, un atelier a été organisé du 11 au 13 août 2016 à Malanville regroupant toutes les parties prenantes, cadres techniques des ministres du cadre de vie, de l’agriculture, du transport, du tourisme, des élus locaux et représentants des populations des deux communes concernées en vue de son actualisation.

Les dégâts causés par les inondations en 2013 ont occasionné une perte de valeurs de production estimée à 15 801 080 400 Fcfa pour la commune de Malanville contre 10 878 319 120 Fcfa pour la commune de Karimama. « Il nous faut alors réagir au plus tôt et de manière conséquente pour éviter la dégradation continue de l’existant », a affirmé M. Siaka Coulibaly, Coordonnateur Résident et Représentant Résident du PNUD au Bénin.

Ce programme, d’un coût estimatif de  80 millions de dollars US, comporte sept mesures durables formulées sous forme de projets. Il s’agit de : La réhabilitation/ construction et la valorisation des retenues d’eau ; le désensablement ciblé du fleuve Niger et de ses affluents ; la lutte contre l’érosion régressive des berges du fleuve Niger par la mise en place des palplanches et la végétalisation des berges ; la construction des digues de protection des cultures contre les inondations ; la gestion du foncier et des conflits potentiels ; la poursuite des mesures de renforcement des capacités des producteurs pour leur adaptation au changement climatique, la valorisation des zones d’intérêt touristique et le développement du transport fluvial dans la vallée du Niger. « Nous sommes à une étape importante, qui conditionne l’obtention des financements pour une mise en œuvre réussie des projets et je voudrais nous inviter à y accorder toute l’attention nécessaire », a indiqué M. Siaka Coulibaly.

Abondant dans le même sens, M. José Tonato, Ministre du Cadre de vie et du Développement durable a invité les participants à cet atelier à une étude approfondie de chaque projet, afin qu’ils soient  conformes aux standards et critères d’éligibilité du Fonds Vert pour le Climat.

M. Inoussa Dandakoe, Maire de Malanville a remercié  le Gouvernement et les partenaires techniques, en particulier les agences du Système des Nations Unies qui œuvrent pour le développement de sa commune et celle de Karimama. Quant à M. Mohamadou Moussou, Préfet de l’Alibori, il a exhorté les participants à une participation active aux travaux.

En marge du lancement du processus de mise aux normes du PIACC-DAT, le Ministre du Cadre de vie et le Représentant Résident du PNUD ont effectué une visite de terrain à Toumboutou. Cette visite leur a permis  de toucher du doigt la réalité du changement climatique dans la commune de Malanville, où des ouvrages de franchissement sont en train de s’écrouler sous l’effet de la pression hydrique. Cette visite a également  permis de voir les réalisations du Programme Intégré d’Adaptation pour la lutte contre les effets Néfastes des Changements Climatiques sur la Production Agricole et la Sécurité Alimentaire au Bénin (PANA 1), qui ont contribué à renforcer la résilience des populations de Toumboutou.

Dans le domaine de l’agriculture,  3,600 Tonnes de semences de riz à cycle court (IR841) ont été mises à disposition de quatre groupements de 120 producteurs dont 18 femmes sur une emblavure de 15,5 ha de parcelle agricole. Pour contribuer au reboisement du village, 1.625 essences forestières sur une emblavure de 4,5 ha ont été plantées ;  1256 plants forestiers mis à disposition au profit de 60 producteurs sur 15,5 ha de parcelle agricole pour le relèvement du niveau de la matière organique et de la fertilité du sol. Dans le domaine de l’agrométéorologie, PANA 1 a installé un pluviomètre conique à lecture directe type SPIEA, qui permet de suivre la variabilité du climat. Ce pluviomètre est fonctionnel et les relevés pluviométriques se font journellement par un observateur local formé à cet effet. Désormais, sur la base des données relevées, les populations savent le moment approprié pour faire les semis et les récoltes afin d’éviter les inondations. Elles ont bénéficié également d’un magasin pour la conservation et le stockage des semences à cycle court, de matériels agricoles et de forage de 23 puits tubés dont quatre (4) sont munis de dispositif à panneaux solaires pour le pompage de l’eau en vue de l’irrigation des parcelles de cultures maraîchères de contre saison.

« Le projet a eu des réalisations concrètes, qui ont permis d’améliorer le cadre de vie des populations. Ce que j’ai vu sur le terrain m’a conforté positivement, qu’il faut apporter aux populations des  infrastructures résilientes ; ensuite les accompagner dans la gouvernance et la gestion des changements climatiques», a laissé entendre le Ministre du Cadre de vie et du Développement durable. Il conclut que le programme intégré en cours de reformulation permettra de mettre à une échelle plus grande l’expérience pilote du PANA 1.

Source: http://www.bj.undp.org/content/benin/fr/home/presscenter/articles/2016/0...