Financement des ODD

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Les États membres des Nations Unies ont clairement exprimé leur volonté de lutter contre la pauvreté, la faim et le réchauffement climatique, et assurer l’accès à l’éducation pour tous, et ce, en lançant tout d’abord le programme des OMD et maintenant celui des ODD. Depuis 1992, les catastrophes naturelles ont causé 750 milliards € de dégâts et tué 1,3 million de personnes . Ceci illustre comment ces problèmes se sont transformés en un enjeu universel et pourquoi ils ne doivent plus être considérés comme des défis purement internes qui doivent être relevés séparément par chaque pays au niveau national.
 
La mise en œuvre des ODD se heurte à des difficultés financières en raison de la capacité limitée de certains États membres de l’ONU à supporter le surpoids financier. Afin d’éviter d’accabler ces pays avec une surcharge financière, les chefs d’États et de gouvernements se sont réunis à Addis-Abeba en juillet 2015 pour aborder la question du financement du développement. Ils ont abordé la question de l’aide étrangère et de la nécessité d’une coopération entre les États qui permettraient à tous les pays de suivre le programme de l’après 2015, « ne laissons personne derrière ». Ceci a abouti à l’adoption du Programme d’action d’Addis-Abeba lors de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement. Le rapport fait état des principales décisions et aspirations des États membres quant au plan futur de financement et présente en outre un programme d’action détaillé que les États membres pensent être le moyen de financer la mise en œuvre des ODD.

Évaluation du Programme d’action d’Addis-Abeba (AAAA) effectuée par le PNUD [1]

 

The Le Programme d’action d’Addis-Abeba énonce les mesures que la communauté internationale s’engage à prendre pour financer le nouveau programme mondial de développement durable — à convenir en septembre à New York.

Ce nouveau document doit également définir comment relever les défis qui ont émergé (ou se sont accentués) depuis le Consensus de Monterey en 2002, tel que le changement climatique, la dégradation accélérée de l’environnement et l’inégalité. Mais avons-nous obtenu un « Monterrey + » à Addis-Abeba ?

Comme pour tous les processus internationaux, les résultats sont plus encourageants dans certains domaines que dans d’autres.

D’une part, on peut se réjouir d’un engagement envers un nouveau « contrat social ». Les pays promettent de mettre en place des systèmes de protection sociale et de fixer des cibles nationales pour les dépenses en faveur de services essentiels comme la santé et l’éducation. S’ils ne peuvent les financer sur leurs fonds propres, la communauté internationale s’engage à fournir une aide internationale.

Les pays ont aussi convenu de collaborer pour financer l’infrastructure de l’énergie, du transport, de l’eau et de l’assainissement, ainsi que des investissements plus grands dans l’agriculture et la nutrition. Un mécanisme de facilitation sera mis en place pour promouvoir l’innovation et la coopération scientifique, examiner les besoins et appuyer le renforcement des capacités en matière de technologie.

Le document reconnaît aussi qu’il est nécessaire de renforcer les capacités en matière de gestion des risques de catastrophe à l’échelle locale et nationale et que la communauté internationale doit être en mesure de répondre aux chocs par un appui financier adéquat, fourni en temps voulu.

Enfin, et ce n’est pas le moins important, le Programme d’action d’Addis-Abeba insiste sur le fait que le seul critère du revenu par habitant ne suffit pas à déterminer quels sont les pays qui ont besoin d’aide au développement.

Un certain nombre de propositions ne sont ni tout à fait positives ni complètement négatives.

En ce qui concerne l’aide publique au développement (APD) par exemple, l’UE s’est fixé comme cible collective une APD correspondant à 0,7 % du RNB d’ici 2030. Beaucoup de pays en développement souhaitaient un calendrier plus serré pour la mise en œuvre de cet engagement et une cible individuelle et non collective de 0,7 %.

Le problème le plus débattu à Addis-Abeba était celui des impôts, et la création d’un organisme intergouvernemental chargé de prendre des décisions en matière de coopération fiscale internationale demandé surtout par les organisations de la société civile. Elles n’ont pas obtenu satisfaction, même s’il y a eu promesse de collaborer pour réduire considérablement, voire éliminer les flux financiers illicites, et de renforcer les capacités des administrations fiscales des pays en développement.

C’est dans cet esprit que le PNUD a lancé, en collaboration avec l’OCDE, un programme intitulé « Inspecteurs des impôts sans frontières ». Des experts fiscaux collaboreront avec les fonctionnaires locaux des administrations fiscales des pays en développement pour renforcer les capacités en matière de contrôle fiscal.

En résumé, si le Programme d’action d’Addis-Abeba propose une série de mesures qui, une fois mises en œuvre, contribueront grandement au financement d’un nouveau programme de développement durable, il est temps aussi que les gouvernements agissent au lieu de se contenter de mots.
 

[1] http://www.undp.org/content/undp/en/home/blog/2015/7/21/The-Addis-Ababa-Action-Agenda-A-step-forward-on-financing-for-development-.html

 

Le Programme d’action d’Addis-Abeba (AAAA) a cherché à trouver une solution aux problèmes récurrents dans l’identification et la mobilisation de sources durables de financement pour les initiatives de développement. Pour ce faire, le programme a porté sur le renforcement de la coopération internationale et le renouvellement des engagements pris dans le cadre du programme de développement international. Parmi les solutions proposées : fournir aide et assistance aux pays les moins développés, promouvoir la bonne gouvernance et soutenir les politiques nationales de lutte contre l’évasion fiscale, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Les États membres de l’ONU s’engagent à fournir un soutien financier suffisant pour atteindre les objectifs de développement durable dans tous les pays. Une fois de plus, cet engagement est ancré dans la conviction que les ODD tentent de répondre à des défis mondiaux qui concernent tous les États, indépendamment de leur niveau de développement.

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